La période des fêtes de fin d’année est souvent présentée comme un moment de joie, de partage et de convivialité. Pourtant, pour de nombreuses personnes, elle peut aussi raviver ou intensifier des difficultés psychologiques déjà présentes. Les sentiments de solitude et d’isolement peuvent devenir plus pesants, les deuils — récents ou anciens — se réactiver, et les conflits familiaux latents refaire surface. À cela s’ajoutent fréquemment des difficultés financières, une pression sociale forte à « aller bien » et à correspondre à une image idéalisée des fêtes, ainsi qu’une exacerbation des troubles anxieux, dépressifs ou des conduites addictives.
Dans une perspective communautaire, il est fondamental de déconstruire le mythe des fêtes nécessairement heureuses. Toutes les personnes ne vivent pas cette période de la même manière, et il n’existe pas de façon « correcte » ou attendue de la traverser. Normaliser la diversité des vécus émotionnels permet de réduire l’isolement psychique et de créer un espace plus sécurisant, où chacun peut reconnaître ce qu’il ressent sans honte ni culpabilité. L’objectif est également de renforcer les ressources, tant individuelles que collectives, afin de favoriser une traversée de cette période avec davantage de sécurité psychique.
Cette intervention vise d’abord à offrir des repères psychoéducatifs sur l’impact psychologique spécifique des fêtes de fin d’année. Comprendre les mécanismes à l’œuvre — la pression sociale, les comparaisons, la réactivation de souvenirs ou de blessures anciennes — permet de donner du sens aux émotions ressenties. En parallèle, l’intervention cherche à réduire la culpabilité et l’auto-jugement souvent associés aux émotions dites négatives, en renforçant le sentiment de légitimité émotionnelle : ce que chacun ressent a une raison d’être, inscrite dans son histoire, ses expériences et son contexte de vie.
Un autre objectif essentiel est de soutenir les capacités d’auto-protection et d’auto-régulation. Il s’agit d’encourager chacun à identifier ce qui lui fait du bien, ce qui le fragilise, et les limites qu’il est possible — et légitime — de poser pour se préserver. L’intervention met également l’accent sur l’importance du soutien social et communautaire, en rappelant que demander de l’aide, partager son vécu ou s’appuyer sur des ressources existantes n’est pas un signe de faiblesse, mais un facteur de protection reconnu. Enfin, cette démarche s’inscrit dans une perspective de prévention, en visant à limiter l’aggravation de troubles psychiques déjà présents durant cette période particulièrement sensible.
Un axe central de l’intervention consiste à normaliser les vécus. Rappeler qu’il n’existe pas une seule manière de vivre les fêtes permet d’ouvrir un espace d’expression plus libre et plus respectueux des différences. La joie, la tristesse, l’ambivalence, la fatigue ou même l’envie de retrait peuvent coexister, et toutes ces expériences méritent d’être reconnues.
Afin d’accompagner concrètement les personnes, l’intervention propose des pistes simples, accessibles et adaptables, sans prescription rigide. L’objectif n’est pas de dicter une manière de « bien vivre » les fêtes, mais d’offrir des repères et des outils que chacun peut s’approprier selon ses besoins et ses possibilités. Il est également important de rappeler que le mal-être vécu durant cette période n’est pas uniquement individuel : il s’inscrit dans des dynamiques sociales, familiales et culturelles plus larges, ce qui invite à une réponse collective et solidaire.
Le message central à transmettre est le suivant :
Les fêtes de fin d’année peuvent être un moment difficile, et cela ne dit rien de votre valeur, de vos capacités ou de votre avenir. Chacun fait de son mieux avec son histoire, ses ressources et son contexte. Prendre soin de soi, à sa manière, est déjà une forme de célébration.